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Rolling Stones Nellcôte Tarlé

Charlie Watt et Keith Richards
sur la terrasse de Nellcôte.

 

LA FAUNE DE NELLCÔTE

Sur fond de «work in progress » ralenti par la prise régulière de drogue, d’autres personnages vont faire partie du cercle rapproché des hôtes de Nellcôte.

Le plus emblématique est certainement Gram Parsons (et sa femme Gretchen), grand spécialiste de la country, ami intime de Keith Richards, ex Byrds, ex-Flying Burrito Brothers, considéré à tort ou à raison comme un rival de Mick Jagger. Si dans la journée, il joue souvent avec Keith, il n’est pas un Rolling Stone et ne descend jamais les rejoindre au sous-sol pendant les sessions. La littérature veut qu’il ait cependant participé au processus de création de l’album, inspirateur de morceaux comme Sweet Virginia.

Rolling Stones Nellcôte Tarlé

Keith Richards et Gram Parsons à Nellcôte par D. Tarlé. Tiré de Rock &Folk 498, février 2009.

Il sera finalement évincé de Nellcôte au bout de quelques mois, et ne reverra jamais plus son copain Keith. Il mourra d’une overdose le 19 novembre 1973 et sera incinéré dans le désert à proximité du parc national Joshua Tree en Californie.

Il y a l’ancien pilote de course Tommy Weber avec ses deux enfants utilisés comme mules par leur père qui apprendra la mort de sa femme alors qu’elle était en en cure de désintoxication dans la même clinique qu’Anita Pallenberg.

Anita Pallenberg John Huston Candy Christian Marquand

Anita Pallenberg Candy Christian Marquand

Anita Pallenberg et John Huston (en haut) dans Candy, un film culte et méconnu de Christian Marquand (1968)

Il y a encore Stanislas Klossowski de Rola, dit Stash, fils du peintre Balthasar Klossowski, alias Balthus et neveu de l’écrivain (et peintre) Pierre Klossowski.

Il y bien sûr l’incontournable Tony Sanchez – alias Spanish Tony - âme damnée de Keith Richards (après avoir été celle de Brian Jones) qui écrira ses sulfureuses et controversées mémoires Up and Down With the Rolling Stones (Jusqu’au fond de l’abîme avec les Rolling Stones, Ed. Orban,1980).

Au milieu de ce petit monde, Dominique Tarlé, le photographe français invité à Nellcôte qui y restera six mois (voir ci-contre).

Keith et Anita dans
le grand salon de Nellcôte

NELLCÔTE PAR SES HÔTES

Tony Sanchez

« Nous habitions maintenant – Keith, Anita, Madeleine [petite amie de Tony], moi et une population constamment flottante d’invités – dans un palais blanc appelé Nellcôte. Il domine le port de pêche de Villefranche aussi spectaculairement que l’Acropole couronne Athènes. Les pièces majestueuses sont bourrées d’antiquités, les jardins luxuriants descendent vers une jetée privée. Des pêches, des raisins, des oranges et des bananes mûrissent parmi les palmiers et les grands caoutchoucs. Nellcôte est l’apogée des arts humains de l’architecture,de l’horticulture et de l’imagination ; nulle part sur terre je n’ai vu d’habitation plus délicieuse. Keith la louait deux mille quatre cents dollars par semaine, avec une option d’achat au modeste prix de deux millions de dollars.

Tony Sanchez Jusqu'au fond de l'abîme avec les Rolling Stones

Up and Down With the Rolling Stones (Jusqu’au fond de l’abîme avec les Rolling Stones, Ed. Orban,1980).

 

Robert Greenfield

A l’extérieur, sur l’avenue Louise Bordes « on ne peut pas voir la maison depuis la route. Elle est cernée par une jungle d’arbres – palmiers, cyprès et pins, ainsi que des espèces tropicales originaires du monde entier tels des bananiers ou (…) baobabs. (…) Même après s’être garé dans l’allée de gravier incurvée qui mène aux imposantes portes d’entrée gardées de part et d’autre par une déité femelle en pierre aux griffes de lion, on n’y est pas encore. (…) dès qu’on a franchi les deux immenses portes d’entrée rehaussées de noir et d’or, chacune d’une hauteur de dix mètres au moins [la hauteur doit être plutôt de cinq mètres, d'après la photo de Keith prise par D. Tarlé au pied de ce portail] et faite de verre à travers lequel des spires en fer forgé noir se lovent comme des serpents pour former un cintre d’avant scène, on sait qu’on a laissé le monde ordinaire derrière soi.»

Rolling Stones Nellcôte Tarlé

Keith Richards entre les sphinx à l'entrée de la villa Nellcôte

Rolling Stones Nellcôte Tarlé

Mick et Bianca Jagger à Nellcôte

Greenfield se lance alors dans une description détaillée de l’intérieur de la villa: salon, salle à manger, escalier, chambres, salles de bain, terrasses, larges marches, plage et falaises artificielles, grottes (et nous renvoyons bien entendu à la lecture de ce livre pour en savoir plus). Une fois traversée la maison, « continuez de marcher à travers le salon et arrivez aux portes de derrière. Grandes ouvertes sur la lumière, elles mènent à une vaste véranda encadrée par quatre énormes piliers de pierre ronds et blancs. Devant vous, l’azur infini du port en eau profonde de Villefranche scintille sous le soleil.»

Robetrt Greenfield Exile on Main Street

Exile On Main Street – Une saison en enfer avec les Rolling Stones – Robert Greenfield.-Traduction Philippe Paringaux - Attitudes – Le Mot et le Reste – 2009..

Croix gammées dans la cave ?

Dans son livre sur Nellcôte Robert Greenfield rapporte que la rumeur locale prétendait que l’occupante des lieux avait non seulement vécu là « avec un nazi pendant la Deuxième guerre mondiale, mais que nombre des précieux objets d’art de la villa faisaient partie de du butin illégal de son petit ami nazi », hypothèse controversée par d’autres témoins.

Selon Greenfield, le photographe Dominique Tarlé (dont l’exposition est l’objet de cet article) rapporte dans son propre livre Exile (dont je n’ai pu me procurer un exemplaire) que la gouvernante allemande qui travailla dans les lieux de nombreuses années lui avait raconté : « qu’à la fin de la guerre, de nombreux soldats allemands s’étaient cachés dans la cave de Nellcôte ». (…)

Charlie Watts Nellcôte Tarlé

Charlie Watts dans la cave de Nellcôte par Dominique Tarlé, tiré du magazine Mojo Special Edition- 40th Anniversary Collector's Edition (EMAP, 2003)

« Dans Exile, Tarlé raconte aussi qu’un jour, en fouillant dans la cave de la villa avec Bruce Byall, un roadie aux cheveux teints et à queue de cheval qui vécut quelques temps dans un tippi installé dans le jardin de Nellcôte, ils trouvèrent « une boîte ornée d’une grande swastika ». (…) Autre témoignage, celui de l’ingénieur du son Andy Johns rapporté par Tarlé dans Exile : « j’ai remarqué un jour que les conduits d’aération dans les planchers étaient décorés de swastikas » (…).

Vivre à tout prix Pallenberg Schlöndorff Mascii

Vivre à tout prix, film de Volker Schlöndorff avec Anita Pallenberg. Affiche française 120 x 160 par Jean Mascii

 

Des années plus tard, Anita dira à l’écrivain John Perry : « Nellcôte avait été pendant la guerre un important quartier général nazi. Il y avait encore des swastikas ».

Rolling Stones Nellcôte Tarlé

Keith et une de ses Gibson Lespaul

Pallenberg persiste avec cette histoire de nazis comme le rapporte le journaliste et écrivain Fabrice Gaignault,: « elle (la villa) était "magnifique, mais dégageait d’étranges vibrations. N’avait-elle pas servie de quartier général à la gestapo pendant la guerre. Il y avait encore des croix gammées dans l’office. Cela avait amusé Anita et Keith".

Egeries 60 Gaignault

Egéries Sixties - Fabrice Gaignault – Fayard - 2006

Rolling Stones Nellcôte Tarlé

Keith Richards et Gram Parson à Nellcôte

Bon Rolling Stones

Rolling Stones Une biographie. François Bon – 2002 - Fayard

Rolling Stones Nellcôte Tarlé

Un Glimmer Twins : Mick Jagger

Rolling Stones Nellcôte Tarlé

L'autre Glimmer Twins :Keith Richards

 

"Ce disque est le meilleur métissage à ce jour des éléments séparés qui constituent la musique des Stones… Exile On Main Street contient assez de rock music, sous toutes ses formes et tous les styles pour satisfaire tout le monde… Les Stones regardent maintenant vers l'intérieur, et s'ils vous aident à comprendre quelque chose sur vous-même, ce peut être l'acte le plus révolutionnaire de tous"

Don Heckman, New-York Times, 4 juin 1972

EXILE ON MAIN STREET : ROLLING STONES

Exile on Main Street Rolling Stones Nellcôte

K. Richards guitar + vocal / M. Taylor guitar / C. Watts drums / B. Wyman bass / M. Jagger vocal  + B. Keys sax / J. Price trumpet + trombone / N. Hopkins piano

Disque 1

1. ROCKS OFF

2. RIP THIS JOINT
Bill Plummer : upright bass

3. SHAKE YOUR HIPS
I. Stewart : piano
M. Jagger : harmonica

4. CASINO BOOGIE
K. Richards : bass

5. TUMBLING DICE
Clydie King , Vanetta ,
plus friend : background vocal
M. Taylor : bass
M. Jagger : guitar


6. SWEET VIRGINIA
I. Stewart : piano
M. Jagger : harmonica

7. TORN & FRAYED
Al Perkins : Steel guitar
J. Price : organ
M. Taylor : bass

8. SWEET BLACK ANGEL
M. Jagger : har.
Amyl Nitrate : marimbas
J. Miller : Percussion

9. LOVING CUP
Jimmy Miller : Percussion

 

 

 

Rolling Stones Nellcôte Tarlé

Keith et Anita commandent des croque-monsieur à la terrasse d'un bar sur la côte d'azur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Disco Revue Rolling Stones

Disco-Revue N°2 (nouvelle série"tabloïd"), 17 octobre 1964 : Les Rolling Stones à la Une

 

 

 

Disco Revue Mick Jagger 1964

Disco-Revue N°4 (nouvelle série"tabloïd"), 8 décembre 1964, pages intérieures

 

Doctorstones : livres, essais, récits, biographies

Doctorstones : livres avec photos

Doctorstones : livres avec photos 2

Doctorstones : livres références musicales

Doctorstones : programmes de tournées

 

Rolling Stones - An unauthorized biography in words, photographs and music. Edited by David Dalton - Designed by Jon Goodchild. Amsco Music Publishing Company/New York - Music Sales Limited/London - 1972 , une des premières monographies où sont publiées 35 photos de D. Tarlé à Nellcôte.

Rolling Stones

 

ROLLING STONES
PIRATES DE NELLCÔTE

Rocks off

Expo photo - Dominique Tarlé

La Galerie de l'Instant

Du 19 juin au 31 Octobre 2009

Prolongation jusqu'au 13 novembre 2009

46, rue de Poitou, 75003 Paris - Tél. 01.44.54.94.09
Galeriste : Julia Gragnon


www.lagaleriedelinstant.com

 

Keith Richards Nellcôte Tarlé

Keith Richards et sa Gibson Hummingbird à Nellcôte par Dominique Tarlé

En 1971, les Rolling Stones ont vécu huit mois dans le Sud de la France, notamment  dans la villa Nellcôte à Villefranche-sur-Mer, où ils vont produire et enregistrer l’un des meilleurs albums de leur histoire : Exile On Main Street.
En 2009, un livre et une expo photos célèbrent cet  épisode du plus grand et plus inoxydable groupe rock du monde.
Le livre, Exile On Main Street – Une saison en enfer avec les Rolling Stones, écrit en 2006 par le journaliste critique rock  Robert Greenfield, est sorti en France  cette année dans une traduction de Philippe Paringaux  (Attitudes – Le Mot et le Reste). Et l’expo, Rocks Off, montre pour la première fois à Paris - Galerie de l’Instant -  les images que le photographe Dominique Tarlé a prises pendant les six mois qu’il a passés à Nellcôte.
Ce dossier est un résumé qui reprend quelques uns des témoignages les plus connus sur la vie à Nellcôte. J’ai ajouté à la fin mes propres souvenirs, et notamment comment j’ai approché brièvement les Stones lors de leur première venue en France en 1964.

Jean  SEGURA

 
Rolling Stones Galerie de l'Instant Tarlé Gragnon

 

La galerie présente pour la première fois en France les images de Dominique Tarlé. C’est le travail d’un fou de musique, d’un amoureux de l’image. Réalisées au tournant des années 1960-1970, ces photos retracent des mois de prise de vue, de soirées, de concerts, de vie partagée avec les artistes, condition primordiale pour transmettre cette intimité, ces instants privilégiés. Dominique Tarlé, bien connu des fans des Rolling Stones pour sa célèbre série sur le groupe à Nellcôte lors de l’enregistrement d’Exile on Main Street en 1971, a choisi d’y ajouter d’autres séries, moins connues du public, telles : John Lennon, The Who, Jimi Hendrix, Led Zeppelin, Marianne Faithfull, Eric Clapton, The Pretty Things, The Kinks... On y retrouve l’émotion et la simplicité qui ont fait son succès.

d'après communiqué de la galerie

Galerie de l'Instant Tarlé Gragnon

Galerie de l'Instant à Paris au moment de l'expo Rocks Off
le 3 octobre 2009 : Dominique Tarlé et Julia Gragnon.

 

ROLLING STONES EN EXIL
OU UN ETE A NELLCÔTE

par Jean Segura

Nellcôte - cette grande villa méditerranéenne que Keith Richards, a occupé du printemps à l’automne 1971 - est devenu un lieu de légende. Le guitariste compositeur des Rolling Stones partage alors sa vie avec l’actrice et mannequin italo-allemande Anita Pallenberg et leur fils Marlon qui n’a pas encore deux ans. Hiver 1971, les Stones qui viennent de faire une dernière tournée dans leur pays doivent quitter la Grande-Bretagne pour échapper à la mélasse fiscale dans laquelle ils sont enlisés depuis des mois. Il leur faut en même temps trouver un endroit tranquille pour enregistrer le prochain album, Exile on Main Street, avant de lancer leur prochaine tournée américaine. Le prince Rupert Lowenstein, homme d’affaire à qui les Stones confient la tâche de succéder à Allen Klein, se charge d’effectuer le transfert du groupe vers la France. On choisit la Côte d’Azur et progressivement chacun va trouver un pied à terre, tous très vite satellisés, comme on le verra, par l’astre de Nellcôte : Mick et Bianca Jagger, fraîchement mariés – le 12 mai 1971 - par le maire de Saint-Tropez, s’installent à La Bastide du Roy à Biot, Mick Taylor, Rose Miller et leur petite fille de trois mois Chloe sont en famille dans les hauts de Grasse, ville où Bill Wyman et sa compagne Astrid Lundstrom s’installent également. Seul Charlie Watts et sa femme Shirley, se mettent à distance, dans une maison de Thoiras, du côté de Arles, telle la planète Uranus, loin du Soleil.

Le 5 avril 1971, Keith Richards, habitué aux maisons aussi spacieuses que l’argent du plus grand groupe de rock du monde le permet, se retrouve avec Marlon dans cette belle demeure d’un autre âge, au bord de la mer. Il sera rejoint quelques jours plus tard par Anita, encore en cure de désintoxication à Bowden House en Angleterre. La douceur du climat et les arbres déjà en fleurs dans le sud la France sont de bon augure avant de démarrer le grand chantier musical qui va se mettre en place pour l’été ; même si le lieu exact des enregistrements n’a pas encore été décidé.

Rolling Stones Nellcôte Tarlé

Anita Pallenberg, Keith Richards, Gretchen et Gram Parsons
dans le grand salon de Nellcôte. La photo est bien sûr prise par Dominique Tarlé
dont on aperçoit le reflet dans le grand miroir derrière les fauteuils

Du Château Amicitia à la Villa Nellcôte

Nellcôte est une imposante villa rectangulaire au toit en terrasse dont la façade est ornée de colonnes ioniques en marbre. Elle aurait été construite en 1899 à la demande du banquier Eugène Thomas. D’abord connue sous le nom de Château Amicitia elle est rebaptisée Nellcôte en 1919 et acquise par la famille Bordes, des armateurs propriétaires d’une compagnie de transport maritime, qui donnera plus tard son patronyme à la voie - l’avenue Louise Bordes - qui borde encore la villa aujourd’hui. Il suffit de lire ce que les différents hôtes de Nellcôte ont écrit pour avoir une idée du petit paradis dans lequel vont évoluer durant huit mois (du 6 avril au 30 novembre 1971) Keith Richards, les Rolling Stones et leur cour. (voir NELLCÔTE PAR SES HÔTES, plus bas).

 

Nellcôte aérien

Nellcôte et sa plage - vue aérienne

Rolling Stones Nellcôte Tarlé Keith Richards

Keith franchissant "les deux immenses portes d’entrée rehaussées de noir et d’or"

Enregistrer Exile On Main Street

Après avoir cherché en vain un site qui convienne à tout le monde dans le midi de la France, c’est finalement à Nellcôte – il y a de l’espace, et on est sûr que l’imprévisible Keith sera toujours sur place avec toutes ses guitares - que les Stones et leur équipe décident de bivouaquer pour produire le nouvel album. La grande tribu va s’organiser en conséquence. Outre les cinq Rolling Stones et leurs familles (quelquefois obligées de dormir sur place), il y a les autres musiciens, Ian Stewart (mi-roadie, mi-pianiste et membre fondateur des Stones avec le défunt Brian Jones mort tragiquement en juillet 1969), le pianiste Nicky Hopkins, le saxophoniste Bobby Keys (texan né le 18 décembre 1943 comme Keith Richards), le trompettiste et organiste Jim Price, et d'autres accompagnateurs, Bill Plummer et Al Perkins, les choristes Clydie King et Vanetta Field (voir les informations données sur la pochette du disque).

Rolling Stones Mick Taylor Tarlé

Mick Taylor, Keith Richards (couché) et un enfant à Nellcôte par Dominique Tarlé, tiré du magazine Mojo Special Edition- 40th Anniversary Collector's Edition (EMAP, 2003)

Il y a bien entendu l’équipe de techniciens et d'ingénieurs du son dirigée par le producteur Jimmy Miller, lequel a déjà à son palmarès les trois meilleurs albums du groupe, Beggars Banquet, Let It Bleed et Sticky Fingers. Percussionniste de talent, on retrouvera son nom à la batterie lorsque Charlie Watts n’est pas à Nellcôte. A ses côtés, les frères Johns, Glynn et son cadet Andy. Glynn Johns a produit avec les Rolling Stones le live Get Yer Ya Ya’s Out et l’un des deux albums de leur nouveau label, Jamming with Edwards (avec Nicky Hopkins, Ry Cooder et Mick Jagger) auxquels sont associés Bill Wyman et Charlie Watts. Glynn fut ingénieur du second, The London Howlin’ Wolf Sessions (avec Howlin’ Wolf, Eric Clapton et Steve Winwood et Ian Stewart)et des trois précédents albums des Stones. Andy Johns, 21 ans, qui a déjà travaillé avec Blind Faith et Led Zeppelin, et joué les seconds couteaux sur Sticky Fingers, est enthousiaste à l’idée de se retrouver au milieu de ce joli parterre. Il ne ménagera pas sa peine dans son rôle d’ingénieur sur cet album. Mais la mise en boîte des pistes de Exile on Main Street, qui va durer jusqu’à la fin novembre, nécessite de faire venir de Londres des tonnes de matériel ainsi que le Rolling Stones’ Mobile Studio, un camion BMC bourré d’électronique dernier cri que le groupe a fait construire pour 250 000 dollars. Celui-ci sera garé dans un petit chemin du parc de la villa et relié par des montagnes de câbles à la maison.

Galerie de l'Instant Tarlé

Portraits de Marianne Faithfull et de Mick Jagger par Dominique Tarlé,
accrochage à la Galerie de l'Instant

Mélodies en sous-sol

Car les musiciens eux s’installent au sous-sol de la villa dont les murs ont été recouverts de moquette achetée et posée par Ian Stewart, avec l’aide de Dominique Tarlé, pour enlever les effets de résonance et amortir le bruit. Répétitions et enregistrements se font dans la chaleur et une humidité qu’on supporte plus ou moins bien. « Nous avons enregistré dans l’entresol de Keith , qui avait l’air d’une prison, raconte Mick Jagger (Voir biographie de Keith Richards par V. Bockris) (…) L’humidité était incroyable. Je ne pouvais pas la supporter. Dès que j’ouvrais la bouche pour chanter, ma voix avait disparue. C’était si humide que toutes les guitares étaient désaccordées avant que nous ayons eu le temps d’arriver à la fin du morceau ». Comme le raconte Bill Wyman dans son propre livre « on a travaillé toutes les nuits, en général de 20 heures à 3 heures du matin, jusqu’à la fin juin, même si tout le monde n’était pas là chaque nuit (…) Le 6 juillet, on s’est mis enfin à enregistrer à Nellcôte avec Andy Johns et Jimmy Miller. Pendant deux semaines, on a enregistré des jams, et la plupart de ces nuits étaient mornes et ennuyeuses. Le fait d’enregistrer dans le sous-sol de Keith n’était pas une garantie de sa présence. Il lui arrivait de ne pas descendre du tout. En représailles, il arrivait que Mick [Jagger], certaines nuits, ne vienne pas non plus. Charlie, Mick T. [Taylor] et moi étions les principaux spectateurs de ces petits jeux. Stu [Ian Stewart], qui nous avait accompagnés en France était lui aussi frustré… » Des témoins rapportent que Keith prend l’habitude de s’absenter pour aller coucher Marlon. Le problème, c’est qu’il ne réapparaît pas pendant plusieurs heures, quelquefois pas avant le petit matin. Lassés d’attendre toute la nuit, les autres s’éclipsent à leur tour faire des virées à Nice ou Monte-Carlo. On comprend que la réalisation de ce double album est plombée et va prendre beaucoup plus de temps que prévu, d’autant que Mick fait quelques escapades à Paris où Bianca s’est retirée, ne supportant plus l’atmosphère de Nellcôte. Enceinte de la petite Jade Jagger (qui naîtra le 21 octobre à Paris), Mick et elle font une escapade à Dublin pour prendre des vacances en plein milieu de ces sessions.C’est lors d’une des absences de Mick que Keith enregistre en lead vocal « Happy », avec Bobby Keys et Jimmy Miller comme seuls accompagnateurs.

 

Galerie de l'Instant Rolling Stones Tarlé

Portrait de Mick Jagger par Dominique Tarlé,
entrée de la Galerie de l'Instant

Fric frac de guitares

Et puis, il y a cette funeste soirée du premier octobre au cours de laquelle on escamote au nez et la barbe de Keith neuf (ou onze selon les sources) de ses plus belles guitares : Gibson acoustiques six et douze cordes, Fender Telecaster vintage 50, Gibson Les Paul et SG, Gibson Flying Arrow d’Albert King sur laquelle il avait joué le 5 juillet 1969 lors du concert hommage à Brian Jones à Hyde Park. A cette liste s’ajoutent une basse Fender Mustang appartenant à Bill Wyman et « le rare saxophone noir dont Bobby Keys a fait son fétiche » comme le raconte François Bon dans Les Rolling Stones une biographie. Plus question pour Keith de reprendre les enregistrements avant de retrouver sa belle lutherie envolée ou au moins de faire venir de Londres des instruments d’aussi bonne qualité. Les retards s’accumulent et commencent à préoccuper l’entourage professionnel du groupe. Marshall Chess, est l’un des hôtes privilégiés de Nellcôte. Fils et neveu des fondateurs de Chess Records à Chicago, maison de disques qui a signé les plus grands artistes du blues (Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Bo Didley, John Lee Hooker, Rufus Thomas…), il est aussi le président fondateur du nouveau label Rolling Stones Records. Et à ce titre, il s’inquiète de l’état d’avancement d’Exile. Il se confie à Bill Wyman dans les termes suivants : « D’après ce que m’ont dit Charlie, Mick Taylor et Keith, j’ai l’impression que les choses n’avancent pas vite, et ça m’inquiète vraiment ». Quant à Ahmet Ertegun, homme d’affaire turco-américain patron d’Atlantic Records, [ il ] était impatient de découvrir ce que nous enregistrions ». Wyman poursuit : « A Nellcôte, c’est sûr qu’on vivait de façon étrange. On aurait dit Satanic Majesties [référence à l’album le plus psychédélique du groupe] en grandeur réelle. Andy Johns essayait d’enregistrer des overdubs de guitare pendant que des gens mangeaient dans la cuisine. On aurait dit une de ces fêtes-enregistrement des années 60, auxquelles chacun avait le sentiment de participer. Le style de vie de Keith et Anita, qui devenait incroyablement chaotique, ne faisait rien pour compenser ce désordre ». Bill fait clairement allusion à la drogue qui circule alors en grandes quantités entre la petite bande. Car, tels des aimants attirant la limaille de fer, Keith et Anita, dont la réputation n’est plus à faire (cures de désintoxication ou pas) n’auront jamais de mal à laisser approvisionner la grande maison en poudres blanches et drogues diverses acheminées par des dealers du sud de la France. Bill Wyman est personnellement indisposé de cette situation. « Il devenait évident que Jimmy, Andy, Bobby [Keys] et Mick T. prenaient aussi des drogues dures. Je me sentais extérieur au club [Charlie Watts, Ian Stewart et Nicky Hopkins ne se droguaient pas non plus] – sans avoir envie d’en faire partie. » Il ajoute également « Il y avait toujours des gens qui traînaient à la villa, des parasites variés, en même temps que ceux qui avaient une raison de se trouver là ». En effet, il y a toute la cohorte de visiteurs et d’opportunistes fascinés de partager l’intimité du plus grand groupe de rock du monde, plus ou moins tolérés, plus ou moins parasites, attirés par la poudre blanche, la musique, le sexe et les bonnes vibrations qu’ils auraient pu croire y trouver.

 

Mixage à Hollywood

Bon an, mal an, Jimmy Miller et Andy Johns finissent par engranger des centaines d’heures d’enregistrements avec des dizaines de prises des morceaux qu’il va falloir maintenant mixer. Il était temps, car le filet de la répression commence à se resserrer autour de la zone de non droit qu’était devenu Nellcôte en matière de consommation de drogue. Et la « peur du gendarme » qui aura finalement raison de cette intenable situation provoque le départ prématuré du groupe vers les Etats-Unis le 29 novembre (ou le 30 selon d’autres sources) après huit mois passés à Nellcôte, cinq mois de travail dont quatre de prise de son proprement dit. Vingt trois morceaux ont été enregistrés et le matériau sélectionné pour l’album va être mixé aux studios Sunset Sound d’Hollywood. « Lentement, en l’espace de quelques mois, Exile fut mis au format définitif, peut-on lire dans la biographie de Mick Jagger écrite par Christopher Sandford (Mick Jagger la voix de Stones, 1994, Albin Michel) : quinze morceaux de base utilisables, plus deux autres, « Loving Cup » et « All Down the Line » , venant des séances de Let It Bleed, et un troisième, « Tumbling Dice » datant de Sticky Fingers. D’après l’ouvrage de Martin Elliott, The Rolling Stones Complete Recording Sessions, 1990, Blanford, London, les dix-huit morceaux ont bien été enregistrés à Nellcôte (ce que confirme les informations publiées sur le disque lui-même) plus un morceau supplémentaire « Let it Rock » donné comme « bootleg ».

 

 

Un album générationnel

Conçu et produit dans des conditions qu’on aurait de bonnes raisons de croire catastrophiques, Exile on Main Street, sort en double album aux USA et au Royaume Uni le 12 mai 1972 et restera au hit parade pendant plusieurs semaines. Ces conditions justement, ne sont-elles pas intrinsèques au « soul » même de cet album. Comme un ultime sursaut de cette jeunesse créatrice, hédonique et libérée (un peu trop…) vivant sans se soucier à la marge d’une société conservatrice, moraliste et hypocrite d’adultes cravatés, c’est cette génération en rupture, et tout l’univers débridé de cette époque, que - mieux que quiconque - les Rolling Stones incarnent au début des années 1970. A ce point aboutis dans l’histoire du rock and roll, la musique, le son "soul country" et l'énergie d’Exile on Main Street - riffs de Keith Richards et arrangements de Jimmy Miller avec Andy Johns - transpirent comme des effluves et du souffle de cette génération. C’est sans doute pour cela qu’Exile est considéré - encore aujourd’hui - comme le meilleur et le plus achevé de leurs disques. Et comme un chapitre clos dans leur histoire, les Rolling Stones ne remettront jamais les pieds à Nellcôte.

 

Jean SEGURA

 

 

 

 

 

The Rolling Stones : souvenirs d'un fan de la première heure

Fan de la première heure, j’ai découvert l’existence des Rolling Stones à travers le premier article paru sur eux en France dans le magazine français Disco Revue n°19 de juillet 1963. L’article en question titrait «Londres Attaque Liverpool», allusion à un autre phénomène qui sévissait en Grande-Bretagne, et qui allait bientôt déferler sur le monde entier.

Disco Revue Rolling Stones

Disco-Revue N°19 (première série), juillet 1963, page intérieure : le premier article français sur les Rolling Stones… bien avant Salut Les Copains

Grande Corniche

Août 71, je roulais sur la Grande Corniche qui surplombe la baie de Villefranche-sur-Mer en Triumph Bonneville, me dirigeant vers la frontière italienne. Les vacances en solitaire… à mille kilomètres au sud de Paris, le cuir sur le dos, les cheveux au vent. La route défile entre mer et montagne, décor scénique que je retrouverai plus tard avec un autre habitué des lieux, Cary Grant dans La Main au collet d’Hitchcock avec la belle Grace, puis dans Elle et Lui de Leo McCarey avec Deborah Kerr. Villefranche-sur-Mer ! Là, en bas, à quelques centaines de mètres à vol d’oiseau, ils étaient là, enfermés dans leur écrin de la Villa Nellcôte, et je n’en savais rien. Et d’ailleurs, qu’aurais-je pu faire ? Comme le raconte Robert Greenfield : « Parce qu’on ne se pointe pas comme ça [ à Nellcôte en 1971 ]. Ce ne serait pas cool. (…) Dans tous les sens du terme, Nellcôte est une boutique complètement fermée. Un club privé très exclusif dont les règles d’admission sont clairement définies. Pour entrer, il faut connaître quelqu’un qui vit là». Il m’aurait fallu un contact… une chose à des années lumières de mes possibilités. Je n’ai pas eu mon « Ruffec » à moi où, le 6 mars 1967, dans la banlieue d’Angoulême, les regards de Keith Richards et de François Bon se sont croisés dans une station d’essence, détonateur retard pour que le second écrive un jour « une biographie » des Stones.

Rolling Stones affiche Decca 1964

Affiche Decca pour le premier concert des Rolling Stones, le 20 octobre 1964 à l'Olympia - Paris

L'Olympia du 20 octobre 1964

Et pourtant, je l’ai croisé un jour le regard de Keith, ainsi que celui des quatre autres (du temps de Brian Jones), lorsque François Bon ne connaissait encore que son Marais poitevin. Fidèle lecteur de Disco Revue, je savais qu’ « ILS »allaient venir à Paris. Et le mardi 20 octobre 1964, j’étais à l’Olympia au milieu de la « centaine d’excités (qui) on brisé des fauteuils et fracassé des vitrines dans un théâtre parisien, à l’issue d’un spectacle donnée par les Rolling Stones » comme le relatera le Daily Mirror, bien que n’ayant moi-même brisé aucun fauteuil ni fracassé aucune vitrine.

Keith Richards, Brian Jones et Mick Jagger entourant Helyett de Rieux, directrice générale de DECCA/RCA France, au restaurant Ledoyen à Paris, en mars 1966. © Roger Kasparian

 

 

A la Locomotive le 19 octobre 1964

Ce que l’histoire officielle a oublié, c’est que la veille de ce mémorable concert, les Stones, dont la réputation en France était encore à ses tout débuts, étaient venus se présenter à la presse parisienne. Mick Jagger donnera une interview à Jean-Claude Berthon, rédacteur en chef de Disco-Revue, qui sera publiée dans le numéro 4 de décembre 1964. Le lieu de l’événement avait été éventé parmi les fans et quelques-uns d’entre nous étions là. Ce lundi 19 octobre 1964, sur la petite scène de la Locomotive, place Blanche, seul club qui rivalisait alors avec le Golfe Drouot, nous avions en face de nous ces cinq Anglais, drôlement sapés pour des gens de scène, désinvoltes et plutôt rigolos. Comme ils n’avaient – pas encore – de gardes du corps infranchissables, il était relativement facile de les approcher. Je ressortirai de la Loco avec une affiche dédicacée et quelques autographes (voir photos ci-contre). Mon affiche, déchirée, mal recollée et finalement entoilée avec ses traces de vieux scotch, enfouie dans mes collections, connaîtra une autre vie le jeudi 5 mai 2005 en faisant la couverture d’un catalogue Pop Memorabilia Christie’s South Kensington à Londres. La vente a eu lieu au 85 Old Brompton Road, à quelques centaines de mètres du 105 Edith Grove où de 1962 à 1963 vécurent Jagger, Richards et Jones. Elle fera aussi un heureux acquéreur.

Jean SEGURA

Rolling Stones Decca Paris 1964

Dépliant promotionnel Decca à l'époque du premier concert des Rolling Stones, le 20 octobre 1964 à l'Olympia - Paris

Disco Revue Rolling Stones 1964

Disco-Revue N°3 (nouvelle série"tabloïd"), 3 novembre 1964, pages intérieures

Rolling Stones Tarlé Olympia Paris 1964

Les Rolling Stones, le 20 octobre 1964 à l'Olympia, une des premières photos de Dominique Tarlé publié dans le livre Rolling Stones de David Dalton et Jon Goodchild, 1972.

 

Je remercie Julia Gragnon (Galerie de l'Instant) et Dominique Tarlé pour leur gentillesse.

Je remercie aussi mon vieux pote Bernard Schalscha qui m'a offert pour mon anniversaire en 2009 Exile On Main Street – Une saison en enfer avec les Rolling Stones de Robert Greenfield.

Enfin je rend hommage à Jean-Claude Berthon (1942-2005), fondateur du magazine Disco-Revue le 28 septembre 1961, pionnier de la critique rock en France, et qui le premier a découvert les Rolling Stones; dont il aurait eu le même âge aujourd'hui.

CLIPS

Rolling Stones-Torn And Frayed (Exile Nellcôte)[Reloaded]

Keith Richards and Anita Pallenberg, a rock family sur "Play With Fire"

Rolling Stones- Sweet Black Angel

 

Tarlé Galerie de l'Instant

Séance de dédicace par Dominique Tarlé à la Galerie de L’Instant le 3 octobre 2009.

   

DOMINIQUE TARLE
DE "EXILE" A "ROCKS OFF"

Au milieu de ce petit monde, Dominique Tarlé, parisien de vingt et un an qui photographie les Stones depuis 1964, est venu faire quelques prises de vue à leur demande. « Je pensais rester une journée, et repartir heureux d’avoir pu faire quelques images ; mais le premier soir on m’alors dit : "ta chambre est prête", et je suis resté six mois".

Invité privilégié Dominique Tarlé rapportera ainsi le seul témoignage visuel connu de Nellcôte. Certaines de ces images seront publiées dans des magazines, fanzines et autres monographies de l’époque, puis seront oubliées, d’autant que le photographe français est peu enclin à exhiber son trésor de guerre.

Exile, le livre culte de Dominique Tarlé, édité en 2001 chez Genesis à Londres.

Contributions de Keith Richards, Anita Pallenberg, Bill Wyman, Mick Taylor, Andy Johns, Marshall Chess, Robert Greenfield, Georgia Bergman, June Shelley, Mick McKenna, Astrid Lundström, Sandy Lieberson, Trevor Churchill, Gretchen Parsons Carpenter, Glyn Johns, Dominic Lamblin, Rene d'Amico

Il y consent en 2001 en publiant un livre format (360 x 250 mm)de 248 pages avec 280 photos (monochrome et couleur) avec de nombreux témoignages et une préface de Keith Richards dans une édition luxueuse, Exile, chez l’éditeur britannique Genesis. Imprimé à 1760 exemplaires (plus 240 en version de luxe), Exile, vendu pourtant 245 Livres Sterling, sera rapidement épuisé. Dans son ouvrage Rolling with the Stones (paru à quelques mois de distance en Grande-Bretagne (2002) et en France (en 2003 chez Hachette), Bill Wyman reprendra une douzaine d’images signées D. Tarlé.

Exile Rolling Stones Tarlé

Exile, Dominique Tarlé, 2001, Genesis, pages intérieures.

Enfin en juillet 2009, ses photos sont exhibées pour la première fois à Paris dans le cadre d’une expo intitulée Rocks Off (clin d’œil au premier morceau de l’album Exile on Main Street).

Rocks Off Galerie de l'Instant Tarlé

Catalogue "Rocks Off"- photos Dominique Tarlé - Galerie de l'Instant - 2009, Paris.

La Galerie de l’instant publie à cette occasion un catalogue reproduisant certaines de ces photos, plus d’autres sur les stars du rock des années 60 et 70 photographiées par Tarlé (Jimi Hendrix, John Lennon, Marianne Faithfull, Led Zeppelin, les Who,…).

Rolling Stones Nellcôte Tarlé

Keith jouant devant un portrait de Brian Jones dans un magazine à Nellcôte

Bill Wyman Nellcôte Tarlé

Bill Wyman à Nellcôte photographié
par Dominique Tarlé (extrait du catalogue "Rocks Off")

 

NELLCÔTE PAR SES HÔTES

Bill Wyman

«Nellcôte était entouré de jardins qui ressemblaient à une jungle, un endroit idéal pour préserver sa vie privée».

Bill Wyman Rolling With the Stones

Rolling with the Stones
(paru quasi-simultanément en
Grande-Bretagne (2002)
et en France (EPA-Hachette, 2003)

Victor Bockris (biographe de Keith Richards)

«Le rez-de-chaussée de Nellcôte était constitué d’une série de salles de réception hautes de trois mètres et ornées d’énormes cheminées. Des portes fenêtres superbes donnaient sur des terrasses surplombant de somptueux jardins en pente, au-delà desquels s’étendait la baie de Villefranche-sur-Mer, étincelante comme un diamant bleu, et les hauteurs du Cap Ferrat. Les lieux évoquaient Scott Fitzgerald, Cocteau et Errol Flynn - En fait, le yacht de Flynn était toujours à l’ancre en contrebas. (…) Entre avril et novembre, il [Keith] déboursa sept mille dollars par semaine – mille pour la nourriture, mille pour l’alcool, deux-mille cinq cent pour la drogue et autant pour le loyer. Le total représentait un peu moins du tiers de son revenu hebdomadaire qui était de vingt cinq mille dollars. (…)

Rolling Stones Nellcôte Tarlé

L’arrivée du Rolling Stones Mobile Studio à Nellcôte, le 7 juin 1971. Tiré du magazine Mojo Special Edition- 40th Anniversary Collector's Edition (EMAP, 2003)

Cet été-là, il y eut jusqu’à 30 personnes par jour résidant à Nellcôte, dont les individus les plus créatifs et les plus autodestructeurs avec qui il ait jamais travaillé. (…) Bientôt la maison de Keith se mit à ressembler à un Edith Grove géant [Appartement au 105 Edith Grove à Londres où de 1962 à 1963 vécurent ensemble Mick Jagger, Keith Richards et Brian Jones]. Disques, bouteilles vides, joints et mégots à demi consommés, guitares et vêtements jonchaient le sol et s’empilaient sur les meubles.»

Victor Bockris Keith Richards Une guitare dans les veines

Keith Richards – Une Guitare dans les veines – Victor Bockris – Albin Michel , 1992

 

Rolling Stones Nellcôte Tarlé

Mick et Keith à Nellcôte

Croix gammées dans la cave ?
( suite )

Alors, hasard de la décoration n’ayant rien à voir avec le national socialisme, ou bien les nazis avaient du temps à perdre à remplacer les « conduits d’aération dans les planchers » en y plaçant des croix gammées. Il faut savoir qu’entre la fin du XIXe siècle – date à laquelle Nellcôte fut construit - et le début de la Deuxième guerre mondiale, le svastika - car on dit « le » - est resté un motif populaire dans le monde occidental sans rapport aucun avec l'idéologie nazie : présent dans les porte-bonheur, les cartes de vœux anglaises, emblème de clubs sportifs, d’organisations, d’entreprises et d’unités militaires. On le retrouve même des pendentifs de montre de poche publicitaires émis en 1925 par Coca-Cola.

Mojo Rolling Stones

Mojo Special Edition- 40th Anniversary
Collector's Edition (EMAP, 2003)

En architecture, le svastika est un motif répétitif présent dans des immeubles et monuments néoclassiques des XIXe et XXe siècles, comme à l’Opéra comique de Paris. Cette histoire de svastika fait certainement fantasmer beaucoup de gens, à commencer par l’hôte des lieux. Car il est notoire que Keith Richards est un passionné de la Deuxième guerre mondiale et comme le relate Victor Bockris qu’ « il va garder toute sa vie une fascination pour les nazis ».

Rolling Stones Peellaert

Extrait de Rock Dreams, Guy Peellaert, 1974 - Réédition 1982 - Albin Michel

Dans son livre Rock Dreams, en 1973, Guy Peellaert n’a pas hésité à représenter les membres du groupe (période Brian Jones) en uniformes SS sur un dessin que la politiquement correct attitude ne saurait supporter aujourd’hui. La pochette de l’album It’s Only Rock and Roll, dessinée par le même Peellaert serait inspirée des grandes parades nazies.

Bockris raconte qu’en 1969 Anita avait convaincu Keith « d’acheter une ancienne voiture de fonction des nazis de plus de six mètres de long (une Mercedes) qui selon la rumeur avait appartenu à Goering. Keith la fit restaurer dans sa splendeur première pour plusieurs milliers de livres ». Il s’en débarrassera très vite après l’accident qu’il eut en se rendant de Londres à Redlands avec Anita alors enceinte de Marlon.

Rolling Stones Nellcôte Tarlé

Marlon, Keith et Anita à Cannes

 

 

Satanic Majesties Rolling Stones

Satanic Majesties : un fanzine des annnées 1970 avec une des photos de Dominique Tarlé

 

 

Mick Jagger Bandford

Mick Jagger la voix de Stones. Christopher Sandford, 1994, Albin Michel

 

 

 

The Rolling Stones Complete Recording Sessions, Martin Elliott, 1990, Blandford, London

 

 

 

 

Galerie de l'Instant Rocks Off Tarlé

Affiche de l'expo Rocks Off de Dominique Tarlé - Galerie de l'Instant -2009 - Paris

 

 

 

Barbarella Jean-Claude Forest Roger Vadim Jane  Fonda Pallenberg

Réédition de Barbarella, Bd de Jean-Claude Forest chez Eric Losfeld, 1968, Paris - Photo de couverture tiré du film de Roger Vadim Barbarella avec Anita Pallenberg (en Reine Noire à gauche) et Jane Fonda.

 

 

EXILE ON MAIN STREET : ROLLING STONES

Disque 2

10. HAPPY
K. Richards : lead vocal, bass
J. Miller : Drums
B. Keys : Percussion

11. TURD ON THE RUN
Bill Plummer : upright bass
M. Jagger : har.

12. VENTILATOR BLUES

13. I JUST WANT TO SEE HIS FACE
K. Richards : piano
Clydie King , Vanetta ,
Jerry Kirkland : background vocal
J. Miller : Percussion
M. Taylor : bass
Bill Plummer : bass

14. LET IT LOOSE
Tammi Lynn, Shirley Goodman,
Mac Rebennack, Vanetta,
Clydie King, Joe Green : background vocal

15. ALL DOWN THE LINE
Kathi McDonald : background vocal
J. Miller : Percussion
Bill Plummer : standup bass

16. STOP BREAKING DOWN
M. Jagger : guitar, har.
I. Stewart : piano

17. SHINE A LIGHT
B. Preston : organ, piano
Clydie King, Joe Green, Vanetta,
Jerry Kirkland : background vocal

18. SOUL SURVIVOR
K. Richards : bass

Produced by Jimmy Miller : Engineers Andy Johns, Glynn Johns, Joe Zanganno, Jeremy Gee.
Recorded with  Rolling Stones Mobile Unit – Mix at Sunset Sound, Hollywood.
Special thanks to Ian Stewart ; everyone at Nellcôte, Villefranche for help in recording , feeding, etc.
Rolling Stones available only on Rolling Stones Records.
Layout Design : John Van Hamersueld, Norman Seeff. Cover photography + concept : Robert Frank.

 

 

Disco Revue Rolling Stones

Disco-Revue N°2 (nouvelle série"tabloïd"), 17 octobre 1964, pages intérieures

 

Pop Memorabilia

Thursday, 5 May 2005 at 1pm AT CHRISTIE’S - South Kensington Rolling Stones : Amongst a selection of memorabilia from music icons the Rolling Stones is (…) a French promotional poster for The Rolling Stones which was signedby Brian Jones, Keith Richards, Mick Jagger, Charlie Watts and Bill Wyman (estimate: £2,000-3,000) at the Locomotive nightclub in Paris on 19 October 1964, during a press event prior to their concert at the Olympia theatre the following day.

 

Rolling Stones Decca Paris

Dépliant promotionnel Decca à l'époque du premier concert des Rolling Stones, le 20 octobre 1964 à l'Olympia - Paris (verso)

 

 



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